Retrospective de la Rolex Daytona par Clément C.

Rolex Daytona Paul Newman

Nous nous sommes attachés chez 41WATCH à produire toute une série d’articles sur les montres mythiques, en retraçant leur histoire, et en rentrant dans tous les détails techniques qu’un lecteur avide voudrait connaître. Nous avions commencé par un article assez etoffé sur la Patek Philippe Nautilus 5711, et grâce aux nombreux retours positifs, il nous est apparu assez logique, dans un second temps, de nous attaquer à la saga de la Rolex Daytona. Le but de cet article n’est très certainement pas de ressasser la littérature fouillée qu’il existe déjà aujourd’hui sur les Rolex Daytona, à travers la toile notamment.

Nous nous sommes donc penchés sur les différents modèles Daytona avec une approche historique, chronologique et technique raisonnée vous donnant de façon objective tous les éléments pour vous guider dans votre achat, ou tout simplement pour que vous sachiez apprécier dans son contexte un modèle que l’on pourrait vous présenter. On ne pourra plus vous « coller » sur aucune subtilité.

A la lecture de l’article qui suit, vous serez notamment en mesure de répondre aux questions telles que : Qu’est-ce qu’une pré-Daytona, qu’est-ce qu’une BIG RED, combien de sortes de boutons poussoirs existe-t-il, qu’est-ce qu’un « 6 inversé », qu’est-ce qu’une patine « Patrizzi » ou bien encore comment reconnaître un cadran de service ? Tous ces éléments peuvent expliquer un écart de prix important sur une référence…

Cet article n’entend pas en revanche discuter des informations de marché sur les différents modèles, nous vous réservons cela pour un prochain article !

Un peu d'histoire avant tout...

Mariage du sport automobile et de l’horlogerie de prestige, la Rolex Daytona trouve ses racines au début du 20eme siècle avec le développement de prouesses techniques ainsi que des premiers records de vitesse.

Haut lieu des premiers records de vitesse, Daytona Beach en Floride doit particulièrement sa renommée à un homme audacieux : Sir Malcolm Campbell. Pilote automobile d’origine Anglaise, ce dernier consacrera une grande partie de sa vie au sport automobile et s’illustrera avec ses nombreux records, notamment au volant de son automobile surnommée « Bluebird », avec laquelle il établira un nouveau record à plus de 396km/h. C’est dans ce contexte du repoussement des frontières du possible que Sir Malcolm Campbell se fera remarquer par Hans Wilsdorf, fondateur de Rolex.

Illustration de la piste de vitesse sur la plage de Daytona en Floride

Illustration de la piste de vitesse sur la plage de Daytona en Floride

As du marketing, Hans Wildorf vit une fois de plus l’opportunité de communiquer sur sa marque, (ce qu’il avait fait en associant le nom de Rolex à la traversée de la manche, ou à l’ascension de l’Everest…), en offrant à Sir Malcolm Campbell le titre prestigieux d’ambassadeur Rolex.

Illustration de Sir Malcolm Campbell à Daytona Beach en 1933

Ancienne publicité du modèle porté par Sir Malcolm Campbell

Toutefois, l’intérêt de Hans Wilsdorf pour le sport automobile ne s’officialisera qu'en 1962 quand la maison Rolex devient le sponsor officiel de la course Daytona... Ce partenariat perdure encore aujourd'hui avec notamment la course des 24H du Mans.

Sommaire :

La collection Daytona peut être divisée en 4 phases différentes :

Les productions des chronographes Rolex Daytona à remontage manuel se sont chevauchées, avec différents cadrans, évolution de mouvements ainsi que de subtilités telles que différentes lunettes, boutons poussoirs et fonds de boite.



    • Troisième phase : de 2000 à 2016, les séries 116520 de la Rolex Oyster Perpetual à remontage automatique, calibre Rolex Manufacture 4130.

  • Quatrième phase : Depuis 2016 à aujourd’hui, le modèle actuel 116500LN à lunette céramique calibre Rolex Manufacture 4130.

I - Première phase : les Chronographes Cosmograph à remontage manuel

Les premiers chronographes de la maison genevoise ne portaient pas la mention « Daytona », on parle alors de la version « Pre-Daytona », avec la particularité d’être à remontage manuel.

La référence 6238

Le premier modèle portant l’essence même du chronographe Daytona est la référence 6238 lancée début 1960 (61-62) et produite jusqu’en 1967 environ.

Rolex-Daytona-6238

Illustration de la référence 6238

La référence 6239

Produit de 1963 à 1969, le chronographe Rolex ref. 6239 est animé par le calibre 72B ou 722 puis par le calibre 722-1. Il s’agit alors du premier chronographe (baptisé « Cosmograph ») ayant tous les aspects visuels de la Daytona mais qui n’en porte pas encore le nom. En effet, comme le montre cet encart publicitaire d’époque, le référence 6239 s’appelait initialement « Le Mans », allusion sans nul doute au fameux circuit automobile Français. Rolex signe désormais son allusion au sport automobile avec une montre au look « racé » :

La référence 6239 est animée par le calibre 72B (722)

Il faut attendre 1965 pour voir l’appellation « Daytona » apparaître sur le cadran de la référence 6239. La référence connaîtra alors de subtiles évolutions au fil de sa commercialisation : poussoirs, graduations des lunettes ainsi que différents cadrans.

Pour commencer, nous pouvons noter que les premières séries de lunettes portent la graduation 60-300 « units per hour » puis elle sera remplacée au cours de sa production par une graduation de 50 à 200 « units per hour ».

Le modèle est équipé de deux versions de bracelets rivetés et étirables ainsi que non étirables. Le bracelet riveté subit ensuite une une évolution et est équipé de maillons pliés.

Le Cosmograph Daytona "Paul Newman"

Le mythe et la saga Rolex repose en partie sur les clients et personnages charismatiques, véritables prescripteurs allant même jusqu’à donner le surnom de certains modèles. Le célèbre cadran « Paul Newman » fait son apparition pour la première fois sur la référence 6239.

Le modèle ayant appartenu par Paul Newman fut adjugé $17.8M par la maison Philips à New York en 2017. C’est l’un des plus grands records jamais atteint par un modèle de montre, toutes marques confondues.

Illustration de la référence 6239 avec cadran dit "Paul Newman" © F. Guéroux

Le cadran Paul Newman est présent sur toutes les générations de Daytona de 1963 à 1978 et visible sur les références 6239, 6241, 6262, 6263, 6264 et 6265. L’attrait pour ce modèle est en partie dû aujourd’hui à sa rareté, et probablement un effet de marketing et de mode. Il est estimé que seulement 5% de ces références ont été commercialisées avec le cadran Paul Newman, fabriqué par le fournisseur de cadrans Singer. Ironie du sort, il est important de noter que la collection Daytona n’ayant pas eu le succès escompté à l’époque, il était alors commun de voir plusieurs années durant des Chronographes Daytona en vitrine de revendeurs (c’est pour cela notamment que parfois les numéros de série qui correspondent à des années de fabrication sont en décalage avec les années de commercialisation !).

La référence 6240

Commercialisée de 1965 à 1969, les poussoirs vissés font leur apparition pour la première fois sur le chronographe 6240, garantissant un boitier étanche à l’eau et à la poussière. On parle alors de première génération, MK1 ou « Millerighe », un terme inventé par les collectionneurs italiens.

Poussoirs de première génération également surnommés "Millerighe" ©F. Guéroux

Cette modification lui vaut pour la première fois l’inscription « Oyster » présente sur le cadran, inscription qui n’était pas présente sur les Cosmograph équipés de poussoirs à pompe.

Rolex Daytona 6240 - ©F. Guéroux

La couronne vissée complétant l’étanchéité est de 7mm (contre 6mm sur les exemplaires munis de poussoirs à pompe) et fait partie de la série 700. Nous trouvons le calibre 72B ou 722 dans les premiers exemplaires puis le calibre 722-1 offrant 18 000 alternances / heure. Le modèle est équipé d’une lunette en bakelite graduée 50-200 "units per hour". La montre est livrée sur bracelet riveté référence 6635 ou 7205. Le bracelet riveté subit une évolution en devenant plié (ref. 7835).

La référence 6241

Commercialisée de 1966 à 1969, la référence 6241 est commercialisée avec boutons poussoirs non vissés, animée par le calibre 72B ou 722 puis le calibre 722-1.

Illustration d'une 6241 - ©F. Guéroux

Le modèle est équipé d’une lunette en bakélite graduée 50-200 "units per hour". La montre est livrée sur bracelet riveté référence 6635 ou 7205. Le bracelet subit une évolution fin 1960 (bracelet plié ref. 7835).

La référence 6262

Produite seulement de 1970 à 1971, la référence 6262 vient avec des poussoirs non vissés et introduit le calibre 727 à 19 800 alternances par heure, plus précis que son prédécesseur (Calibre 722).

Rolex Daytona 6262 ©F. Guéroux

Le modèle est équipé d’une lunette en acier graduée 50-200 "units per hour". La montre est livrée sur bracelet plié ref. 7835.

La référence 6264

Produite seulement de 1970 à 1972, la référence 6264 vient avec des poussoirs non vissés et elle introduit parallèlement à la référence 6262 le calibre 727 offrant 19 800 alternances par heures.

Rolex référence 6264 - ©F. Guéroux

Le modèle est équipé d’une lunette en bakélite graduée 50-200 "units per hour". La montre est livrée sur bracelet plié référence 7835.

La référence 6263

Produite de 1971 à 1987, il s’agit d’un des modèles les plus recherchés mais aussi le plus produit avec la 16520. Cette référence vient avec des poussoirs vissés (dont il existe 3 évolutions), elle est animée par le calibre 727.

Voir la fiche produit

Poussoir de première génération - ©F. Guéroux

Poussoir de deuxième génération - ©F. Guéroux

Poussoir de troisième génération - ©F. Guéroux

Le modèle est équipé d’une lunette en bakélite graduée 50-200 units per hour. Les premières séries étaient livrées sur bracelet plié 7835. A partir de 1977 Rolex a commercialisé un nouveau bracelet blindé sous la référence 78350. Le modèle en or 14K a également existé avec bracelet jubilé.

Illustration d'une Daytona 6263

La référence 6263 existe en acier, en or 18K ainsi qu’en or 14K. L’or 14K possède la faculté d’être plus résistant que le 18K, en particulier aux rayures.

Illustration d'un poussoir de troisième génération sur une 6263 Or.

Illustration d'une 6263 Or Jaune.

La référence 6265

La référence 6265 a été produite de 1971 à 1987 avec les trois évolutions de poussoirs vissés, et animée par le calibre 727.

Poussoirs de première génération - ©F. Guéroux


Poussoirs de deuxième génération - ©F. Guéroux

Poussoirs de troisième génération - ©F. Guéroux

Le modèle est équipé d’une lunette en acier (à la différence du modèle 6263 lunette bakélite) graduée de 50 à « 200 units per hour ».

Illustration d'une 6265 version Or - ©F. Guéroux

Les premières séries étaient livrées sur bracelet plié 7835. Vers 1977 environ Rolex a commercialisé un nouveau bracelet blindé sous la référence 78350.

Illustration du calibre 727 présent dans une Daytona 6265 - ©F. Guéroux

La référence 6269

C'est une version en or jaune 18K dont la lunette est sertie de 44 diamants. Le modèle est équipé de poussoirs vissés de seconde et troisième génération.

Poussoirs de deuxième génération - ©F. Guéroux

Poussoirs de troisième génération - ©F. Guéroux

Elle a été produite de 1984 à 1987 et est animée par le calibre 727.

Illustration d'un exemplaire de 6269 vendue chez Philips

C'est un modèle livré sur bracelet en or jaune sous la référence 7205/8.

La référence 6270

Cette référence est également une version en or jaune 18K produite de 1984 à 1987 et possède des poussoirs vissés de deuxième et troisième génération, une lunette sertie de 28 diamants taillés émeraudes et possède le calibre 727.

Poussoirs de deuxième génération - ©F. Guéroux

Poussoirs de troisième génération - ©F. Guéroux

Illustration de la référence 6270 vendue chez Christie's

C'est un modèle livré sur bracelet en or jaune sous la référence 7205/8.

Synthèse des références, dates de productions, poussoirs, lunettes, calibres et matériaux

Pour plus de lisibilité, le tableau ci-dessous récapitule les évolutions de la Rolex Daytona à remontage manuel, avec dates de productions, poussoirs, lunettes, calibres et matériaux.

RéférenceDates de productionPoussoirsLunetteCalibreMatières
62391963 à 1969Non vissésAcier72B / 722 / 722-1Acier, Or 14K, Or 18K
62401965 à 9169Vissés MK1 "Millerighe"Bakélite72B / 722 / 722-1Acier
62411966 à 1969Non vissésAcier72B / 722 / 722-1Acier, Or 14K, Or 18K
62621970 à 1971Non vissésAcier727Acier, Or 14K, Or 18K
62641970 à 1972Non vissésBakélite727Acier, Or 14K, Or 18K
62631971 à 1987Vissés MK1, MK2, MK3Bakélite727Acier, Or 14K, Or 18K
62651971 à 1987Vissés MK1, MK2, MK3Acier727Acier, Or 14K, Or 18K
62691984 à 1987Vissés MK2, MK3Or sertie de 44 diamants727Or 18K
62701984 à 1987Vissés MK2, MK3Or sertie de 28 diamants727Or 18K

Les "petits trucs" du collectionneur averti

A) Les poussoirs

Il existe une génération de poussoirs à pompe et trois générations de poussoirs vissés. Il est assez fréquent de trouver des modèles avec des pièces changées lors de services Rolex. Il y a eu beaucoup de littérature sur le sujet, notamment concernant les dates auxquelles Rolex a procédé aux changements de poussoirs suivant les productions. Il faut savoir que la précision de ces informations reste relativement nébuleuse pour la simple et bonne raison que ces informations sont basées uniquement sur l’observation au fil du temps et n’ont jamais été certifiées par Rolex. Il est donc important de regarder cela d’un point de vue plus large. La première génération a équipé la 6240 puis les toutes premières 6363 et 6265. Début 1970 jusqu’à environ milieu 1970, poussoir seconde génération puis, ensuite, poussoirs troisième génération.

B) Les Lunettes

Il existe, pour les lunettes versions acier et bakélite, respectivement 5 lunettes et 4 lunettes. Afin d’éviter certaines confusions, la lunette acier existe en trois évolution :

1. Graduée de 60 à 300 avec indication « 300 », « 275 », « 250 », « 225 »

2. Graduée de 60 à 300 avec indication « 300 », « 250 », « 225 », « 200 »

3. Graduée de 60 à 200 La lunette bakélite est graduée de 50 à 200

Parmi les lunettes acier troisième génération graduées jusqu’à 200, il existe 4 variations. Parmi les lunettes bakélite, on peut dire qu’il existe trois générations différentes.

Lunettes 6265

Lunettes 6263

Il est important de connaître les versions dites « de service ». Pour ce qui est des autres, il est très difficile de se placer dans le temps, au mieux on peut se positionner d’après les dates de production. Il était très fréquent que Rolex prenne les pièces qu’ils avaient sous la main pour équiper les montres lors de la production et surtout de la distribution.

Les dernières lunettes produites sont plus importantes car elles ont été utilisées sur les dernières montres, pour la production mais aussi pour les services. Sur la lunette acier, on peut faire la différence assez rapidement en observant les « 7 » qui sont droits et sans bâton qui retombent au début du trait horizontal. Pour la version « Service » (ou post-production) bakélite, le « S » de « Units » est arrondi aux extrémités au lieu de représenter une forme de « Z » inversé.

C) Les fonds de boîte

Rolex étant une société industrielle, certains fonds de boites peuvent avoir des références anachroniques. Par exemple, il est commun de voir des fonds frappés 6240, 6241, 6242 sur la Daytona de référence 6239. Cela ne résulte pas systématiquement d’un échange durant un service mais d’un assemblage à l’origine sur les chaines de production. Des anciens stocks de fonds de boites produits lors d’années antérieures ont été utilisés dans une logique de réduction des coûts.

D’après l’observation, on trouve des fonds de boîte « anachroniques » de la façon suivante :

Fonds 6239, 6240, 6241 et 6242 visibles sur références 6239.

Fonds 6240, 6239 et 6241 sur références 6240.

Fonds 6241, 6239, 6240 et 6242 visibles sur références 6241

Fonds 6262, 6239 6241 et 6264 visibles sur références 6262

Fonds 6264, 6239, 6241 et 6262 sur références 6264

Fonds 6263, 6265 sur références 6263

Fonds 6265, 6263 sur références 6265

Ceci est fondé sur les observations de nombreux experts et collectionneurs. Mais il est possible d’en découvrir davantage avec le temps… Rolex à cette époque était beaucoup moins regardant (ou organisé) qu’aujourd’hui concernant l’utilisation des pièces détachées.

D) Les bracelets

Concernant le bracelet, il est fréquent que la boucle ou que le ressort de boucle soient remplacés par des versions plus récentes pour des raisons de solidité, tout comme Il est tout à fait possible de trouver certains exemplaires de Daytona livrés sur bracelet riveté ou plié, désormais montés sur un bracelet blindé afin de renforcer sa solidité. Le bracelet est une pièce d’usure et, même si le bracelet original augmente la valeur de la montre, il est parfois préférable d’avoir un bracelet solide sur la montre. L’usure des bracelets rivetés ou pliés peut occasionner de très mauvaises surprises chez les collectionneurs qui souhaitent porter leur garde-temps.

E) Comment reconnaître un cadran "Big Red" de service ?

a) Les cadrans de service au Tritium

Il faut savoir que les cadrans d’origine de la génération de Daytona à remontage manuel ont les indexes au Tritium (radioactif). Le Tritium possède une durée de vie d’environ 20 ans, il n’est donc aujourd’hui plus actif. Il existe plusieurs types de cadrans de service (au Tritium, ainsi qu’au Luminova). Sur un cadran d’origine, l’inscription Daytona incurvée qualifiée de « Big Red » dépasse des indexes de 11h ainsi que de 1h dans le petit compteur.

Inscription Daytona "Big Red" sur un cadran d'origine

Les cadrans de service au Tritium possèdent un marquage légèrement diffèrent. On le qualifie alors de « Small Red ». L’inscription « Daytona » est alors plus fine et plus resserrée au-dessus des indexes de 11h et de 1h.

Inscription Daytona "Small Red" présente sur un cadran de remplacement
b) Les cadrans de services au Luminova

La législation ayant évolué, les cadrans de service posés après l'année 1998 ont l'inscription "Swiss" à 6H. Les indexes sont alors en Luminova et se rechargent à la lumière.

Inscription T Swiss T sur un cadran au Tritium

Inscription Swiss sur un cadran de service au luminova (Après 1998)

II - Deuxième phase : le modèle 16500 Zenith produit de 1988 à 2000

Introduit en 1988 avec un prix initial de 2 451€, cette génération sera présente au catalogue durant 12 ans jusqu’à l’an 2000 avec un dernier prix officiel de 4 629€. Le modèle est redessiné de fond en comble avec l’introduction d'un calibre à remontage automatique ainsi qu’un verre saphir garantissant une étanchéité à 100 mètres.

Le calibre Zenith

Le modèle est animé par un calibre ref. 4030, dérivé du Zenith 400 « El Primero » lui valant le surnom de « Daytona Zenith ». Le calibre a été modifié par la marque à la couronne afin de passer d’une réserve de marche de 42H à 52H, tout en réduisant les alternances par heure de 36 000 à 28 800 avec une fréquence de 5 à 4 Hz.

Les modifications revoient intégralement la conception du mouvement modifiant une multitude d’éléments tels que la masse oscillante, en passant par le profil des roues, les spiraux, les balanciers, les ponts de balanciers, etc... Nous pouvons noter que le système de réglage évolue de raquette à microstella.

calibre-daytona-16520-zenith-rolex
Illustration du calibre 4030 dérivé du Zenith 400 « El Primero ».

La lunette

La Lunette tachymétrique est désormais uniquement en acier. Elle connaitra plusieurs évolutions, on parle alors de type 1, type 2 et type 3.

    • Type 1 : Présente sur les premières séries en 1988 et 1989.

Graduée de 50 à 200 "units". Il s’agit d’une des premières lunettes, et donc une des séries les plus recherchées.

Lunette Tachymétrique « 50 / 200 » Type 1
    • Type 2 : Présente sur les séries de 1989 ainsi que 1990.

Gradué de 60 à 400 "units".

Lunette Tachymétrique « 60 / 400 » Type 2

    • Type 3 : Présente sur les série de 1989 à 1990

Gradué de 60 à 400 "units".

Lunette Tachymétrique « 60 / 400 » Type 3

La typographie de l’échelle tachymétrique est différente sur certains modèles en or jaune (ref. 16518) et or blanc (ref. 16519) livrés sur bracelet cuir

Illustration de la lunette présente sur la ref. 16519

Les cadrans

Les cadrans des Daytona Zenith ont une importance particulière pour les collectionneurs. Ils déterminent la valeur du modèle de façon significative, en fonction de leur rareté.

A) Le floating Dial

Les premières séries de 16520 ont connu plusieurs subtilités. Les toutes premières séries R et L, soit 1987 à 1989, ont eu pour une très courte période un cadran avec le mot « Cosmograph » détaché du texte « Officially Certified ». On parle alors de « Floating Dial Cosmograph ».

Cadran de 16520 "Floating Dial Cosmograph"

B) Le six inversé

Le fameux « 6 inversé » tant recherché par les collectionneurs est présent dans le petit compteur des heures. Nous pouvons alors noter qu’il est positionné comme un neuf. Le « six inversé » est présent sur les premières séries de cadrans de 1988 à 1993 soit les séries R, L, E, N, X, C, et S.

Cadran dit « 4 lignes » présent sur les premières séries de 16520 avec le 6 inversé.

C) La patine Patrizzi

Il existe une demande grandissante de la part des collectionneurs pour les cadrans dits « Patrizzi » faisant l’objet d’un écart de prix important sur le marché de la 16520.

Certaines séries de cadrans noirs (en particulier montés sur les exemplaires de 1993 à 1995) ont une oxydation des compteurs virant au brun voire marron foncé ; on parle alors de patine « Patrizzi », du nom d’Osvaldo Patrizzi, célèbre collectionneur italien ayant donné son nom à ce phénomène. La patine Patrizzi s’explique par le vernis utilisé n’étant pas suffisamment épais, il se passe alors un phénomène d’oxydation désormais très recherché par les collectionneurs.

Illustration Rolex Daytona 16520 avec compteurs « Patrizzi », animé par le calibre Zenith.

D) Comment reconnaitre un cadran de service sur la référence 16520 ?

Cette référence possède des indexes et aiguilles au Tritium (radioactif) avec l’inscription "T Swiss Made T" à 6H de 1988 à 1998. Le Tritium brille en permanence est possède une durée de vie de 20 ans, il n’est donc aujourd’hui plus actif.

Lors de révisions, il est possible que la manufacture Rolex ait remplacé le cadran d'origine (après 1998) par un cadran au Luminova, se rechargeant à la lumière. Le cadran possède alors l’inscription « Swiss Made » à 6H. Cette réflexion est également valable pour les aiguilles. Afin de s'assurer qu'il s'agit bien des éléments originaux, vous pouvez les exposer à la lumière et vous enfermer dans une pièce sombre, pour vérifier que leur luminescence n'est plus active.

NB : Les dernières séries U et A de 16520 (1998 et 1999) possèdent des cadrans au Luminova avec l’inscription « Swiss Made ». Un cadran peut être considéré de remplacement si il est anachronique avec le numéro de série du boitier (ex : cadran au tritium n’ayant pas le 6 inversé sur un exemplaire de 1991, ou a contrario un exemplaire de 1998 avec un cadran 6 inversé.

NB : Les dernières séries de 16520 (1998 et 1999) possèdent des cadrans au Luminova avec l’inscription « Swiss Made ».

cadran-luminova-116520

Cadran au Luminova présent sur la ref. 16520 en 1998 et 1999 ou de service sur les versions antérieures.

Les bracelets

Les bracelets ont vu leur boucle déployante ainsi que leurs « End-Links » évoluer au fil du temps et des années.

Illustration du bracelet ref. 78360 présent de 1988 à 1993

Illustration du bracelet ref. 78360 avec ses pièces de bouts 503

A partir de 1993, la référence du bracelet évolue et devient 78390. Il possède désormais une boucle avec loquet de sûreté type Submariner. Les dernières séries de ce bracelet (1999/2000) possèdent des « Solid End Link » également surnommées SEL.

Illustration d'un bracelet 78390

Illustration des "pièces de bouts" ("End Links") 503B

entrecorne-zenith-16520

Illustration de la gravure à l'entrecorne

Il est important de noter que la première version « Sport » de Rolex Daytona Zenith commercialisée sur un bracelet autre que metal est introduite avec la ref 16518 en 1991 avec le bracelet cuir. La typographie de la lunette tachymétrique est propre à cette référence ainsi qu’a la ref. 16519 en or blanc. Elle est aujourd’hui reprise sur les lunettes de Daytona Céramique 116500.

Illustration d'une 16518 or montée sur bracelet cuir

Le fond de boîte :

fond-boite-rolex-daytona-zenith-16520

Illustration du fond de boîte de la référence 16520

Synthèse des numéros de série et des bracelets :

AnnéePremière lettre du numéro de sérieRef. bracelet
1987R
1988R-L78360
1989L78360
1990L-E78360
1991E-N-X78360
1992N-C-X78360
1993X-S78360 / 78390
1994S-W78390
1995W78390
1996W-T78390
1997T-U78390
1998U78390/78390A
1999A78390A
2000P78390A

III - Troisième phase : la reférence 116520

Il faudra attendre le 23 mars 2000 à Baselworld avec l’introduction de la référence 116520 pour que le chronographe Daytona soit équipée d’un calibre entièrement développé et manufacturé par Rolex. Il s’agit de la référence 4130. Cette generation restera 16 ans au catalogue avec un premier prix officiel de 5 179€ en 2000, et sera retirée en 2016 avec un dernier prix boutique de 10 950€.

La deuxième différence (très notable celle-ci) avec la référence 16520 est présente sur le cadran. En effet, le compteur des secondes présents à 9H sur la 16520 est désormais à 6H sur la 116520. Les indexes sont de taille supérieure à la référence 16520 et les compteurs sont désormais argentés.

Récapitulatif des numéros de série ainsi que des bracelets avec datecode dans la boucle déployante

AnnéePremière lettre du numéro de sérieRef. bracelet / code boucle
2000P78490 / AB
2001P-K78490 / DE
2002K-Y78490 / DT
2003Y-F78490 / AD
2004F78490 / CL
2005F-D78490 / MA
2006D-Z78490 / OP
2007Z-M78490 / EO
2008Z-M-V78490 / 78590 / PJ
2009V78590 / LT
2010Random78590 / RS
2011Random78590 / Random
2012Random78590 / Random
2013Random78590 / Random
2014Random78590 / Random

NB : Chaque changement de production étant accompagné de périodes de "transition", il est tout à fait possible d'avoir un bracelet manufacturé en fin d'année précédent l'année de manufacture du boitier


Les aiguilles

Le modèle connaitra peu d’évolutions majeures, nous pouvons toutefois noter que les aiguilles sont plus fines pour les séries P à F (de 2000 à 2004), on parle alors de « Slim Hands » :

llustration du cadran avec aiguilles dites « Slim »

Les aiguilles sont devenus plus larges de mi 2004 à 2014, on parle alors de "Fat Hands":

Illustration du cadran avec les aiguilles dites « Fat »

Le rehaut de la montre est gravé à partir de 2008 (série V) avec le numéro de série à 6H.

Les différents certificats

Le certificat Rolex est passé de format papier au format carte de crédit à partir de 2008. Les papiers ne sont pas toujours « punchés », en particulier pour les Etats Unis. Les papiers ne précisent pas toujours la couleur du cadran présent sur la montre lors de sa vente initiale. Les papiers ci-dessous proviennent d’une version des U.S.A le mentionnant.

Illustration des certificats avant 2008

Illustration des nouveaux formats de carte de garantie

Illustration de la référence 116520, premier chronographe avec mouvement Rolex manufacture.

Le calibre

Le calibre composé de 290 pièces est certifié C.O.S.C avec une réserve de marche de 72H. Il offre 28 800 alternances par heure à 4Hz

La maison Genevoise a déposé de multiples brevets courant 2000 pour la création d’un spiral réalisé dans un alliage novateur et exclusif résultant en une précision accrue, il équipe le calibre 4130. Sa couleur devient bleue circa 2005.

calibre-rolex-4130-daytona-116520
llustration du calibre Rolex 4130 présent dans la 116520

Les cadrans

La législation ayant évolué, les aiguilles et indexes ne sont plus composées de tritium (radioactif) brillant constamment dans le noir, mais de superluminova se rechargeant après être exposé à la lumière. A noter : les dernières séries de Daytona 116520 (circa 2014 à 2016) possèdent un cadran en chromalight.

Il est important de noter qu'un cadran avec indexes en chromalight sur un modèle d'avant 2010 peut être considéré comme cadran de service.

La version acier existe avec cadran noir ou blanc. Les indexes ainsi que les aiguilles sont systématiquement en or.

Illustration du cadran Noir

Illustration du cadran Blanc

Il est constaté sur les premières série de 116520 cadran blanc un phénomène d'altération du verni, une patine appelé "Panna", dont le cadran jaunit et a tendance à tirer sur le vert

Illustration d'un cadran Blanc "Panna"

Certaines dernières séries de cadran sont communément appelées APH du fait de l’inscription « COSMOGR APH » avec un espace éloignant « APH », il n’existe pas d’explication plausible si ce n’est qu’ils ont été généralement constatés sur les dernières séries.

Illustration d'un cadran surnommé "APH"

Le verso des cadrans possède divers marquages pouvant nous rassurer sur leur authenticité, ils servent à en identifier le fabricant ainsi qu’à nous renseigner sur la date de production. Voici comment interpréter le chiffre présent au verso :

  • 1 = Stern
  • 2 = Beyeler
  • 3 = Singer
  • 4 = Lemrich
  • 5 = Fluxkiger (manufacture acheté par la maison Patek Philippe en 2004)

Nous pouvons constater que les cadrans de 116520 acier ci-dessous sont fabriqués par Beyeler avec la présence du chiffre 2. Cela est facilement explicable du fait que la manufacture Rolex a racheté le cadranier Beyeler en Juin 2000, ce qui correspond à la première année de production de la référence 116520.

Stern s’est essentiellement occupé de la création de cadrans montés de pierres semi précieuses, météorite, mother of pearl ainsi que pavés de diamants.

Illustration d’un verso de cadran noir de 116520 produit par Beyeler

Illustration d’un verso de cadran blanc de 116520 produit par Beyeler

Les lunettes

La lunette de la 116520 acier n’a pas évolué pour la version acier.

Illustration de la lunette présente sur la 116520

La lunette de la version or possède une typographie différente.

Illustration de la lunette or blanc de la ref. 116509

Les poussoirs

La génération 116500 est équipée de poussoirs vissés 24-P402 ainsi que d’une couronne Oyster Triplock 24-704 mesurant 7mm de diamètre garantissant une étanchéité parfaite.

Illustration d’un poussoir 24-P402

Les bracelets

Les premières séries de bracelet portent la référence 78490. Le bracelet a évolué circa 2008 avec la ref. 78590 où nous pouvons noter une évolution de la boucle déployante. Le bracelet possède le maillon central poli brillant et les extérieurs polis satiné. Il est à l’origine composé de 13 maillons.

Illustration de la couronne sur la ref. 78490

Illustration de la boucle déployante sur la ref. 78490

Le bracelet a évolué courant 2008 avec la série V. Il possède le système "easy link" ainsi qu'une nouvelle boucle déployante.

Illustration de la couronne sur la ref. 78590

Illustration de la boucle déployante sur la ref. 78590

entrecorne-gravure-daytona-116520

illustration de la gravure à l'entrecorne

Le fond de boîte

fond-boite-rolex-daytona-116520

Illustration du fond de boîte de la 116520

Les séries spéciales

Rolex reste très présent dans le sport automobile, sponsorisant intensivement les courses les plus prestigieuses. Les gagnants se voient alors remettre un exemplaire de Daytona avec pour particularité une gravure sur le fond de boite. C'est le cas pour la course de Daytona en Floride, ainsi que la course des 24H du Mans.

Illustration du fond de boite gravé d’une 116520 remise aux vainqueurs de la course Daytona

Remise du trophée des 24H du Mans avec une Daytona

Fond de boîte d'un exemplaire vendu par la maison Phillips en 2009

Illustration du certificat présent pour l'exemplaire du gagnant des 24H du Mans

Ces exemplaires sont extrêmement contrefaits. Il est vivement déconseillé de les acheter sans la présence du certificat d'origine / historique, au même titre qu'une Rolex Comex.

IV - Quatrième phase : la référence 116500LN

Cette nouvelle phase de Rolex Daytona marque l’introduction d’un nouveau matériau : la céramique. Inrayable, la céramique possède la faculté d’être résistante aux rayures, point faible des générations précédentes.

Les origines de cette lunette nommée « Cérachrom » par la marque à la couronne apparaissent pour la première fois sur le modèle Daytona en or rose ref. 116515 en 2011 :

Illustration de la ref. 116515 sur bracelet alligator

Puis sur la splendide version platine ref. 116506 en 2013 avec la lunette chocolat :

daytona-rolex-116506-platine

La typographie sportive de cette lunette apparait pour la première fois sur la référence 16518 en 1991 (Daytona Or Jaune sur bracelet cuir).

Contrairement à la génération précédente, les indexes et aiguilles sont désormais systématiquement en « Chromalight », reconnaissables à leur couleur bleue dans le noir. Le chromalight possède la faculté de briller plus longtemps.

chromalight-rolex-aiguilles

Illustration du chromalight visible dans le noir

La version acier 116500LN est introduite lors de Baselworld 2016 avec un prix boutique officiel de 11 350€. Elle existe en version cadran noir ou cadran blanc. Le bracelet porte la référence 78590. La seule différence entre les 2 modèles ci-dessous étant le cadran.

116500LN-Rolex-Daytona-Noir-Blanc

Illustration de la Daytona 116500LN

Le calibre : cette génération possède le même calibre que la précédente, il s'agit du calibre manufacture Rolex 4130.

Le calibre présent dans la référence 116500

Les numéros de série sont désormais « Random » il devient alors impossible de déterminer la date de production d’un modèle sans être en possession de la carte de garantie.

Illustration d'une 116500LN Cadran Blanc "Full Set"

Prochaine évolution de la Rolex Daytona ?

Les spéculations vont bon train concernant de possibles évolutions de la Rolex Daytona. Ce qui est assez évident sont les clins d’œil des modèles récents qui sont faits aux anciennes générations, comme par exemple avec des inscriptions Daytona en small red… Peut on alors imaginer des cadrans Paul Newman sur les prochaines évolutions ? La date fera-t’elle un jour son apparition sur un modèle de Daytona (les puristes crieront au sacrilège…) ? Peut on imaginer un modèle de Daytona au diamètre supérieur à 40 mm ? Autant de spéculations possibles, Rolex se garde bien de dévoiler quoi que ce soit… Une chose est certaine. Le modèle Daytona est inscrit dans la légende, et continuera de faire parler de lui (et rêver beaucoup d’entre nous).

Nous vous donnons rendez-vous très prochainement pour un nouvel article sur un modèle mythique de l’horlogerie. Nous souhaitons également remercier Fabrice Guéroux pour sa contribution à cet article.

Par Clément C.


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