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5 montres féminines iconiques à connaître absolument
7 min de lecture

La montre est un accessoire communément associé à l’homme, tant pour le statut que certaines marques représentent que par ses diamètres parfois prohibitifs pour les poignets fins. Toutefois ce ne fut pas toujours le cas, puisqu’à l’époque où les hommes utilisaient des montres à gousset, les montres-bracelets étaient alors considérés comme des accessoires féminins.
Ainsi la montre-bracelet sera adoptée par tous pour répondre à un besoin de praticité, et s’il est aujourd’hui aisé de nommer pléthore de modèles masculins iconiques, les montres pour femmes ont aussi leur lot de légendes aussi créatives qu’élégantes.
Les 5 modèles que nous avons retenus :
Cartier Panthère | Chanel Première | Rolex Lady Datejust | Breguet Reine de Naples | Patek Philippe Nautilus | Audemars Piguet Royal Oak
Cartier est une marque parisienne fondée en 1847, bien que la maison soit à l’origine spécialisée dans la bijouterie, elle a durablement marqué l’histoire de l’Horlogerie en étant à l’origine de la première montre-bracelet pour homme : la Santos-Dumont, du nom de l’intrépide pilote d’avion brésilien et ami de Louis Cartier.
La forme dorénavant iconique de la Santos-Dumont inspirera celle d’une autre montre de légende, résolument féminine : la Cartier Panthère, dévoilée pour la première fois en 1914. Il s’agit d’une montre au style art-déco pavée de diamants et dont des fragments d’onyx rappellent le pelage de l’animal. Une montre audacieuse qui affirme une féminité forte et provocatrice.


La Panthère est l’animal fétiche de la marque française, déclinée en de multiples motifs et représentations sculpturales, le félin renvoie également au surnom de la joaillère Jeanne Toussaint, dite « La panthère ». Demi-mondaine ayant marqué son temps, elle fut une grande amie de Coco Chanel et l’amante de Louis Cartier, qui la choisira comme successeure à la direction artistique de la marque.
Il faudra attendre les années 1980 pour que la directrice créative de Cartier Michèle Kanoui redessine la Panthère telle qu’on la connaît aujourd’hui en reprenant les codes de la Santos-Dumont. La référence 1120 a un boîtier carré en acier de 22 mm et une lunette vissée en or. Le cadran reprend les chiffres romains et le chemin de fer caractéristique de la marque. Deux aiguilles pour la lecture de l’heure, une couronne surmontée d’un spinelle bleue ; une simplicité désarmante au charme intemporel. Le nom félin du modèle est rappelé par le nom moins élégant bracelet métallique extrasouple.
Ces multiples déclinaisons toutes plus chic les unes que les autres ont été vues aux poignets de nombreuses femmes d’influence depuis les années 80 ; la Princesse Diana, Jane Fonda, Gwyneth Paltrow ou Madonna l’ont longtemps portée. Elle fut aussi portée par des célébrités masculines, à l’instar de Charlie Sheen ou Pierce Brosnan, acteur iconique ayant incarné James Bond. Le modèle est aujourd’hui encore un indispensable de la garde-robe des célébrités, ainsi Bella Hadid, Zendaya, Dua Lipa, Taylor Swift ou encore le couple Kylie Jenner et Thimothée Chalamet ont tous été vus arborant l’iconique Cartier Panthère.
Si, à notre sens, la Panthère est bien le modèle féminin le plus iconique de Cartier, il ne faut pas oublier la foule d’autres montres de formes culte créées par la marque.
La Cartier Tank et ses variations, modèle unisexe et intemporel, la Cartier Ballon Bleu, La Santos et encore tant que l’on ne pourrait pas tous les citer. Attardons-nous toutefois sur une autre montre féminine de légende : La Cartier Baignoire.
Reconnaissable en un coup d’œil par sa forme ovale et son cadran minimaliste, la Cartier Baignoire est l’évolution d’un modèle datant de 1912. À l’époque la forme était plutôt celle d’un rectangle arrondi sur les angles, et qui s’étirait plutôt à l’horizontale qu’à la verticale. La Cartier dite « Ovale-Cintrée » pose en 1958 les bases de la Baignoire actuelle, dont le nom apparaît officiellement en 1973. Là encore de multiples variations existent ; petite, grande ou allongée, on peut également rapprocher la baignoire de la Cartier Crash, modèle asymétrique qui évoque une Baignoire ayant « fondu ».
Toujours au catalogue, la Cartier Baignoire existe en version simple, partiellement ou entièrement sertie, et fut la montre de prédilection de Jeanne Moreau, Romy Schneider ou Catherine Deneuve dans leur jeunesse. Aujourd’hui on la retrouve aux poignets de Lou Doillon ou Kendall Jenner. Chez les hommes, Georges Harrison fut photographié avec une Baignoire, et on la retrouve aux poignets d’homme ne craignant pas de casser les codes tels que Paul Mescal, Thimothée Chalamet (encore), Bad Bunny ou le français Raphaël Quenard. La marque New-Yorkaise Aimé Léon Dore a également posé la montre au poignet de ses modèles masculins dans ses lookbooks. Ces quelques exemples semblent témoigner d’une tendance générale de la mode masculine à rechercher des diamètres plus contenus, les poussant ainsi à se tourner vers des modèles féminins plus petits et tout aussi élégants.


Gabrielle « Coco » Chanel a su créer une garde-robe entièrement pensée pour les femmes à l’orée du XXème siècle et de la libération féminine. Elle a par sa création participée à l’émancipation des codes du style féminin, les libérant notamment des étouffants corsets pour adopter des tenues plus fluides et confortable sans perdre en élégance.
Sacs, vêtements, bijoux et surtout parfums, notamment avec l’incontournable Chanel n°5, la marque parisienne s’exporte partout dans le monde où elle incarne l’élégance à la française.



Néanmoins Coco Chanel ne portait jamais de montre, les jugeant inutiles. Ainsi ce n’est qu’en 1987 que Chanel se lance dans l’horlogerie avec un nom tout trouvé : la Chanel Première, référence H0001. Pour ses premiers pas dans l’horlogerie, Chanel a visé juste et dévoile une montre très cohérente, résolument féminine. La forme octogonale reprend celle du bouchon du parfum n°5, lui-même inspiré par la place Vendôme. Le cadran noir profond est fidèle à la couleur fétiche de la marque, et l’affichage de l’heure est minimaliste grâce à deux aiguilles bâton d’une sobriété désarmante.
L’aspect montre-bijou est parachevé par le bracelet intriquant le cuir et une chaîne dorée. Cette montre connaîtra un succès inespéré et se verra déclinée dans divers métaux précieux ; or jaune, blanc, rose ou platine. Parmi les références notables, on retrouve la H0452 : une version en acier inoxydable avec un bracelet de style « gourmette » rappelant une chaîne à gros maillons. La référence H2032 pousse encore plus l’aspect bijou avec un bracelet en perles et un cadran pavé de diamants. Chanel n’en oublie pas moins la technique horlogère avec sa référence H3092 lancée en 2012 et dotée d’un sublime tourbillon flottant en forme de Camélia dont les pétales indiquent l’écoulement des secondes, limité à 20 exemplaires numérotés.
Chanel continue sa sérieuse percée dans l’horlogerie avec la J12, dessinée par Jacques Helleu, déjà à l’origine de la Première, une montre en céramique au style plus moderne et unisexe, déjà incontournable.
La marque à la couronne n’a pas pour vocation de proposer des montres-bijoux ; si les années ont vu fleurir au catalogue une multitude de références serties et ornées dans des métaux précieux et avec des cadrans artistiques, il ne faut pas oublier que la marque a toujours eu vocation à battre des records, et à accompagner celles et ceux qui repoussent les limites de l’exploration et du sport par leurs exploits. Ainsi en 1957 Hans Wilsdorf, fondateur de la marque, crée la Lady-Datejust, une montre qui a tous les attributs d’une Rolex : étanche, robuste et précise. Une montre en avance sur son temps qui n’en oublie pas moins de rester élégante par son diamètre de 28 mm et des cadrans travaillés et sertis. Ainsi à l’instar des autres références de Rolex, la Lady-Datejust s’avère appropriée tant à la ville quand dans un environnement plus difficile.


Hans Wilsdorf a en effet toujours eu à cœur d’accompagner les exploits féminins, en témoigne le choix d’accompagner Mercedes Gleitze pour sa traversée de la Manche à la nage en 1927. La nageuse britannique portait une Rolex Oyster au poignet afin d’éprouver l’étanchéité d’un boîtier révolutionnaire pour l’époque. Parmi les ambassadrices du modèle aujourd’hui, on compte des sportives recordwomen, notamment des joueuses de Tennis comme Chris Evert, Garbiñe Muguruza, Belinda Bencic et Zhen Jie, des artistes et toujours des exploratrices avec Sylvia Earle, océanographe et exploratrice des fonds marins américaine. Ainsi la marque à la couronne n’entend pas mettre de côté la gloire acquise par les femmes dans leurs exploits, mais les accompagner pour célébrer leurs prouesses.
Au-delà de la Lady-Datejust, Rolex s’adresse également à la gent féminine en déclinant nombre de ses modèles dans des diamètres plus contenus, en 31 ou 36 mm avec des déclinaisons de cadrans, boîtiers ou lunettes sertis de diamants.
La Lady-Datejust n'est toutefois qu'un chapitre de l'histoire des montres féminines chez Rolex. Dès les années 1950 et 1960, la manufacture développe de nombreuses références destinées à une clientèle féminine, allant des Oyster Perpetual aux montres-bijoux intégrées à des bracelets en or travaillés comme de véritables pièces de joaillerie. Certaines références, produites en quantités limitées, se distinguent par leurs cadrans en pierre dure, leurs lunettes serties ou leurs bracelets sculptés. À une époque où de nombreuses marques considéraient encore les montres féminines comme de simples accessoires, Rolex leur applique les mêmes standards techniques qu'à ses modèles plus imposants, avec des mouvements mécaniques certifiés chronomètres et des boîtiers Oyster étanches.
Aujourd'hui encore, cette philosophie demeure. Les collections Oyster Perpetual, Datejust ou Day-Date sont proposées dans des diamètres variés permettant à chacun de choisir la taille qui lui convient. Cette évolution reflète une tendance de fond dans l'horlogerie contemporaine : le diamètre n'est plus véritablement un marqueur de genre mais avant tout une question de style et de préférence personnelle. La Lady-Datejust conserve néanmoins une place particulière dans cette histoire, celle d'une montre conçue dès l'origine pour les femmes et devenue, au fil des décennies, l'une des références les plus emblématiques de l'horlogerie féminine.



Breguet est l’une des maisons horlogères les plus anciennes du monde, sa création remonte à 1775 par le neuchâtelois Abraham-Louis Breguet. La marque a durablement marqué l’horlogerie en inventant notamment le Tourbillon ou le calendrier perpétuel. Peu de maisons peuvent se targuer d’avoir été l’horloger des rois, mais c’est le cas de Breguet qui aura les faveurs de l’empereur Napoléon Bonaparte et du roi de France Louis XVIII et comptera parmi ses clients nombre de membres des monarchies européennes
Les reines ne seront néanmoins pas en reste, puisque Louis-Abraham Breguet imagina pour Marie-Antoinette la montre la plus complexe de l’époque. Parmi les clientes notables, Caroline Murat, la sœur benjamine de Bonaparte, sera une grande collectionneuse en acquérant plus d’une trentaine de montres et de pendules. Alors Reine de Naples, c’est pour elle que sera conçue la toute première montre-bracelet de l’histoire en 1812. Tout le génie horloger de Breguet se retrouve dans ce modèle qui traversera les siècles jusqu’à aujourd’hui avec un design presque inchangé : une forme oblongue équipée d’un thermomètre et sur un bracelet tressé de fils d’ors. Aujourd’hui la marque a relancé le dessin iconique de cette montre en la nommant Reine de Naples en hommage, déclinée en diverses versons toutes plus luxueuses les unes que les autres, serties de diamants, avec des chiffres arabes disproportionnés et un diamant en forme de goutte au cœur du cadran, dans divers métaux précieux et des cadrans en pierres exotiques.

La Nautilus de Patek Philippe et la Royal Oak d’Audemars Piguet sont deux montres sportives à bracelet intégré en acier ayant révolutionné leur époque et sorties leurs marques de l’ornière dans laquelle la crise du quartz les a entraînées. Toutes deux issues du génial et incontournable designer suisse Gerald Genta, ce sont aujourd’hui deux modèles emblématiques qui figurent parmi les plus prisés des collectionneurs et amateurs du monde entier. Fort des succès obtenus par ces modèles, les maques se penchent rapidement sur des déclinaisons féminines plus petites.
La première est Audemars Piguet qui dès 1974 commence à travailler sur ce projet, et pour ce faire elle peut s’appuyer sur une alliée de taille : la designeuse Jacqueline Dimier, qui s’attaque au défi de repenser le modèle en en conservant l’harmonie des proportions. Côté technique, le mouvement représente un challenge également puisque de taille plus contenue, et le choix se portera sur le calibre 2062 doté d’une masse oscillante en or 21 carats. Nouveauté également de cette version féminine de la Royal Oak, le logo AP sera placé à 12h afin de conserver l’harmonie générale de la montre. Ce positionnement sera repris pour les dernières générations du 5402. Ainsi la référence 8638 est lancé en 1976, et elle est dans la parfaite continuité de sa prédécesseuse, parfaitement adapté aux poignets des dames comme des hommes. Le modèle se verra l’année suivante enfin décliné en métal précieux et en version bicolore.
Les années qui suivront verront naître d’autres version de la Royal Oak Mini, notamment à Quartz et dans divers métaux précieux, plus ou moins serties. De nombreuses célébrités jetterons leur dévolu sur ce modèle, la plus importante étant sûrement Serena Williams, ambassadrice de la marque et tenniswoman aux nombreux records.


En parallèle du développement de la Royal Oak, on s’active chez Patek Philippe pour décliner la Nautilus en petit diamètre : en 1981 sort deux références : la 3800 fait 37,5 mm Patek en profite pour changer de calibre et opte pour le 335C manufacture. La référence 3900 elle fait 33 mm, et les deux conservent le design original mais se voient enrichies d’une seconde centrale.

La Nautilus sera déclinée en plusieurs versions pour femme à Quartz dans les années 90 et 2000. Aujourd’hui, c’est la référence 7118 qui fait figure de Nautilus Lady, qui se distingue par un cadran dont les lignes irrégulières rappellent la forme des vagues et des aiguilles feuilles très élégantes. La Nautilus est régulièrement aperçue aux poignets de l’actrice en vogue Zendaya, de la rappeuse Cardi B ou la DJ Peggy Gou. Victoria Beckham, mais aussi Georgina Rodriguez et Antonella Roccuzzo, les compagnes des superstars du ballon rond Ronaldo et Messi, portent aussi toutes des Nautilus.

Ces cinq modèles ne constituent qu’un petit échantillon de montres iconiques qui écrivent l’histoire de l’horlogerie au féminin. Les marques savent chérir cette clientèle en posant à leur poignet des garde-temps chics et élégants, parfois provocateurs, brouillant la frontière entre la montre et le bijou. Si les hommes tendent à préférer les montres plus classiques, les montres pour femmes ouvrent la porte à une créativité rafraîchissante.
Aujourd’hui la monde s’émancipe des carcans de genre, la frontière entre ce que l’on considère comme une montre d’homme et une montre de femme est floue, et la tendance générale à rechercher des modèles d’un diamètre plus contenu poussent les hommes à piocher dans les références féminines pour arborer fièrement des montres de femmes. Car en définitive quand le design est réussi, quand il est iconique, alors le genre de la montre importe peu.