Audemars Piguet Royal Oak Offshore : une histoire de séries limitées

Possédant près de 30 ans d'existence, ce deuxième lancement de montre sport dans l’histoire de la manufacture Audemars Piguet s’avère avoir été une décision audacieuse et est aujourd’hui à l’origine d’un second succès indéniable. Nous avons choisi de vous livrer une revue succincte sur son histoire ainsi que sur les premières séries limitées afin de mieux comprendre le chemin parcouru par cette collection et ce qui en fait ce qu’elle est aujourd’hui.

CEO de l’époque, Stephen Urquhart réfléchit dès 1989 à une nouvelle version de Royal Oak pouvant toucher une clientèle plus jeune ; et si c’est à Gérald Genta que nous devons le premier dessin de la Royal Oak en 1971, la Royal Oak Offshore est née en 1991 sous le crayon d’Emmanuel Gueit, designer horloger ayant collaboré avec Jacqueline Dimier.

Illustration des premières esquisses par Emmanuel Gueit
Illustration des premières esquisses par Emmanuel Gueit
Illustration des premières esquisses par Emmanuel Gueit

Nouvelle prise de risque de la part d’Audemars Piguet poussée par Stephen Urquhart à l’heure où le marché n’a jamais vu une montre de ce gabarit, le lancement de cette collection et de son succès s’apparente à une réitération de l’audacieux coup de Poker avec le lancement de la Royal Oak en 1972 quand le marché ne l’attendait pas.

La Royal-Oak Offshore devait initialement être lancée en 1992 à l’occasion du 20ème anniversaire de la Royal Oak (en même temps que la Royal Oak jubilé ref. 14802ST) Les incertitudes et modifications de dernière minute repoussèrent le lancement de la Royal Oak Offshore à l’édition de Bale 1993.

Illustration de la référence 25721ST

La première édition porte la référence 25721ST, elle fut rapidement surnommée « The Beast » pour son gabarit imposant encore jamais vu en horlogerie.

La Royal Oak Offshore ref. 25721ST (exemplaire personnel d’Emmanuel Gueit) crédit Phillips
Illustration d’une publicité à destination du marché italien

La Royal Oak Offshore est le fruit de diverses modifications du dessin original de Genta avec un épaississement du joint de lunette, un boitier antimagnétique plus épais ainsi que des angles de bracelet arrondis.

Hésitant sur le nom à donner à cette collection (qui faillit s’appeler « Challenger »), la gravure Offshore n’apparait au dos du boitier qu’après la production des cent premiers exemplaires.

La Royal Oak Offshore personnelle d’Emmanuel Gueit ne porte pas encore la gravure Offshore

La collection Offshore permet à Audemars Piguet d’innover et de se rajeunir avec des déclinaisons de montres moins classiques et plus « fun » associant bracelets cuir et cadrans de couleur dès 1996.

Illustrations de la référence 25770ST introduisant cadrans et bracelets de couleur sur la collection Offshore.

La Royal Oak Offshore fut un merveilleux laboratoire d’idée, de recherche et d’innovation pour Audemars Piguet, permettant des choix audacieux avec l’introduction de nombreux matériaux n’ayant jamais été utilisés dans l’industrie horlogère auparavant : boitier en carbone forgé, introduction du titane, lunette en céramique, ou encore lunette et poussoirs en caoutchouc développé par Dupont appelé « Therban » suivant un cahier des charges contraignant.

Illustration de la référence 25940SK introduisant une lunette et bracelet en caoutchouc circa 2002

La collection Offshore permet également à Audemars Piguet de s’illustrer via de nombreuses séries limitées, dès 1999, dont la première est la série « End Of Days » réalisée à 500 exemplaires et popularisée par Arnold Schwarzenegger. Innovante par son look et le choix des matériaux dans l’industrie horlogère, ce modèle se caractérise par un boitier traité en PVD ainsi qu’avec un bracelet en Kevlar, une association encore jamais vue en horlogerie.

Royal Oak Offshore “End Of Days” (credits Antiquorum)

La Collection Offshore permet à Audemars Piguet de réaliser le premier boitier en carbone forgé (aujourd’hui largement repris par ses concurrents comme Richard Mille), matériau venant tout droit de l’univers aéronautique, apprécié pour sa résistance ainsi que son extrême légèreté en dépit d’un gabarit imposant.

Royal Oak Offshore Edition « Alinghi » réalisée en 2007 avec boitier en carbone forgé et poussoirs en céramique.

L’influence du sport automobile

La collection Royal Oak Offshore s’est particulièrement illustrée dans les éditions limitées en rapport avec le monde de la compétition automobile. Nous revenons en image sur les séries les plus notoires qui sont dues à l’arrivée d’Octavio Garcia en tant que « directeur artistique » dès 2003.

• Série limitée Montoya

Circa 2003 - Edition limitée à 1000 exemplaires en titane, 500 exemplaires en or rose, 100 pièces en platine. Une des premières éditions limitées avec un pilote automobile. Ce modèle se caractérise par une lunette possédant un aspect visuel « Fibre de carbone » ainsi qu’un bracelet cuir rappelant la sellerie d’une voiture de course.

• Série limitée « Grand Prix »

Réalisée sous le crayon de Philippe Vaptzarof (designer rejoinant Audemars Piguet en 2004, possédant une expérience dans l’univers automobile), l’édition "Grand Prix' fut dévoilée en 2010. Il s’agit du deuxième exemplaire de Royal Oak Offshore possédant un boitier en carbone forgé. Le modèle surprend par son poids plume. Le cadran respire l’univers de la compétion automobile dont les trois sous compteurs rapellent des compteurs automobiles. Le boitier possède un gabarit de 44MM

Elle fut éditée à :

  • 1750 exemplaires en carbone forgé
  • 650 exemplaires avec un boitier en or rose
  • 75 exemplaires avec un boitier en platine

• Série limitée Rubens Barrichello en 2006

Série limitée à 1650 pièces déclinées en trois versions (cadran blanc, noir ou bleu nuit) : Platine, Or 18K & Titane Grade 5. Le boitier possède un gabarit de 42MM et le mouvement est le 2326/2840. Les matériaux sont directement empruntés à l’univers automobile avec une lunette et des poussoirs en céramique, privilégiés pour leur légèreté ainsi que leur extrême résistance aux rayures

• Série limitée Schummarer en 2012 :

Hommage au pilote automobile affectionnant particulièrement la collection Offshore, cet exemplaire possède un boitier de 44MM. Il a été édité à : 1000 exemplaires en titane, 500 exemplaires en or rose, 100 exemplaires en platine.

7 petites étoiles symbolisent les 7 titres de champion du monde obtenu par le pilote automobile (2 avec Benetton en 1994 et 1995 en symbolisées en Bleu, et 5 avec Ferrari visibles obtenues entre 2000 et 2004 en rouge).

Illustration de la référence 26568IM.OO.A004CA.01

Les autres séries limitées

• Série limitée « Survivor »

L’apogée du look le plus « hors du commun » est atteint en 2008 avec la série « Survirvor » limitée à 1000 exemplaires. Le boitier en titane reçoit un traitement PVD sur lequel vient se poser une lunette en céramique ainsi que des protèges poussoirs lui valant un look hors norme.

• Royal Oak Offshore Diver

Introduite en 2010, la collection Diver destinée à la plongée possède un disque tournant intégré à l’intérieur de son boitier, permettant de garder un œil sur son temps de plongée tout en conservant une lunette fixe. La couronne à 11h permet d’interagir avec le disque tournant.

La première version possède la référence 15703 ; elle évolue en 2015 en devenant la référence 15710, possédant désormais un verre saphir au verso permettant d’admirer son calibre manufacture 3120 (commun avec la Royal Oak ref. 15400). Le fond saphir influe légèrement sur l’épaisseur du boitier passant à 14.10MM (contre 13.90MM pour la référence 15703 à fond plein). La Royal Oak Offshore possède un boitier de 42MM.

• Ref. 26237ST - La réédition de « The Beast »

Hommage à la référence 25721 de 1993, Audemars Piguet réédite la toute première offshore dessinée par Emmanuel Gueit en 2018. Le modèle possède désormais la référence 26237ST et a bénéficié des dernières avancées technologiques notamment sur le calibre

Par Clément C.

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