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Omega Speedmaster : de la CK2915 au calibre 3861, l’histoire complète de la Moonwatch
6 min de lecture

En 1957, la marque horlogère Omega présentait simultanément trois montres destinées aux professionnels : la Seamaster 300, la Railmaster, et la Speedmaster. Aucun des ingénieurs de Bienne n'imaginait alors que leur nouveau chronographe pour pilotes automobiles se retrouverait, douze ans plus tard, sur le poignet de Buzz Aldrin à quelque 384 000 kilomètres de la Terre. C'est pourtant ce qui s'est passé. Et c'est là — bien au- delà de son cahier des charges initial — que commence réellement l'histoire de la Speedmaster.
Alors que la mission Artemis vient de revenir sur terre, après avoir fait le tour de la Lune, le fameux "Dark side of the Moon", retour sur les références émblamatiques de la "Moonwatch"
Les différentes générations : CK 2915 – CK 2998 – ST 105.003 – ST 105.012 – 145.012 – 145.022 – 3590.50 / 3592.50 – 3570.50 – 310.30.42.50.01.001 – Tableau récapitulatif des différentes générations
La première Speedmaster est lancée en 1957. Son design est souvent attribué au designer suisse Claude Baillod — sans que cela n'ait jamais été officiellement confirmé par Omega. Elle répond à une demande simple et précise : offrir aux pilotes automobiles et sportifs un chronographe précis, lisible, robuste. Le cahier des charges est tenu : boîtier acier de 39 mm, cadran noir à hauts contrastes, triple compteur en configuration tricompax, et surtout une innovation majeure et alors inédite dans l'industrie — le tachymètre gravé sur la lunette fixe en acier et non sur le cadran, libérant ainsi l'espace visuel et améliorant la lisibilité. À noter : contrairement à ce que l'on lit parfois, cette lunette est fixe — elle ne tourne pas.

Le surnom "Broad Arrow" vient de ses aiguilles caractéristiques, en pointe de flèche très évasée, qui lui donnent une personnalité visuelle immédiatement reconnaissable. La lunette, en acier brossé, porte les graduations tachymétriques gravées.
Le mouvement qui l'anime est le Calibre 321, développé en collaboration avec Lemania, filiale d’Omega. Ce calibre à remontage manuel est reconnu comme l’un des meilleurs exemples de chronographe à roue à colonnes et embrayage latéral jamais produits — au point que Patek Philippe, Breguet et Vacheron Constantin s’en emparent pour leurs propres chronographes de prestige. Sa robustesse et sa fiabilité éprouvées se révéleront déterminantes pour la suite.

La production de la référence CK 2915 est estimée entre 3 000 et 4 200 exemplaires, selon les recoupements de collectionneurs et archives partielles, ce qui en fait aujourd'hui l'une des Speedmaster les plus recherchées par les collectionneurs. En mai 2018, lors de la Geneva Watch Auction organisée par Phillips, un exemplaire CK 2915-1 de 1958 s'est vendu pour 408 500 CHF — record battu en 2021 par un autre exemplaire de la même référence.
Ces chiffres de production et dates sont basés sur l’observation empirique de collectionneurs et professionnels au fil du temps. Rien de tout cela n’a été officiellement confirmé par la manufacture.
En 1959, Omega présente la deuxième génération de la Speedmaster sous la référence CK 2998. Le boîtier s'agrandit légèrement à 40 mm. La lunette en acier brossé de la Broad Arrow cède sa place à une lunette en aluminium anodisé noir, bien plus lisible et plus contrastée. Les aiguilles dites "alpha" remplacent les Broad Arrow — le modèle prend une direction stylistique plus sobre et plus fonctionnelle.


C'est également sur cette référence qu'apparaît pour la première fois le joint torique autour des poussoirs, améliorant la résistance à l'eau. La CK 2998 sera produite en huit sous-variations entre 1959 et 1963, les différences portant principalement sur la graduation de la lunette (base 1 000 ou non), et sur des détails d'impression du cadran. La variation la plus recherchée des collectionneurs est celle à l'aiguille des secondes dite "lollipop". C'est également un CK 2998 — son exemplaire personnel — que l'astronaute Wally Schirra portera lors de la mission Mercury-Atlas 8, le 3 octobre 1962, faisant ainsi de la Speedmaster la première montre à entrer dans l'espace.
En 1963, Omega introduit les aiguilles bâton qui deviendront la signature visuelle définitive du modèle. C’est la référence ST 105.003 — boîtier droit, sans protège-couronnes. Le boîtier asymétrique de 42 mm avec protège-couronnes n’apparaîtra qu’avec la référence ST 105.012, en 1964. C’est cette évolution qui deviendra l’un des traits les plus iconiques de la Speedmaster.

C'est cette génération — la troisième — que la NASA soumet à ses fameux onze tests de qualification en 1964. Les conditions sont volontairement destructrices : variations de température entre -18 et +93 °C, exposition aux ultraviolets, champs magnétiques de 10 000 gauss, chocs violents à 40 G, vibrations soutenues, simulation de vide spatial...
Rolex, Longines-Wittnauer et Omega répondent à l'appel d'offres. Un seul chronographe passe l'ensemble des tests sans faillir : la Speedmaster.
Le 1er mars 1965, la NASA déclare officiellement la montre "Flight Qualified for All Manned Space Missions". Omega apprend la nouvelle d'une façon assez savoureuse : en découvrant la photographie d'Ed White lors de la première sortie extravéhiculaire américaine, en juin 1965, un Speedmaster bien visible fixé à la manche de sa combinaison. La mention "Professional" fait son apparition sur le cadran dans la foulée.
NB : Les lunettes bleues se trouvent principalement sur les 105.003-64 et 105.012-64, même si elles peuvent apparaître sur d’autres références. Les numéros de série se situent généralement dans les plages 2208XXXX et 20527XXX, surtout sur les modèles en -64. (voir plus de précisions sur Hairspring)
En 1964, Omega présente la référence ST 105.012, première à porter officiellement la mention "Professional" sur le cadran. C'est ce modèle — avec son boîtier asymétrique de 42 mm, ses protège-couronnes, son cadran noir et son Calibre 321 — qui sera porté par les astronautes tout au long des missions Gemini et Apollo. C'est lui que Buzz Aldrin portera sur la Lune le 20 juillet 1969, lors de la mission Apollo 11.

Neil Armstrong, premier homme à poser le pied sur le sol lunaire, laisse sa montre à bord du module lunaire — le minuteur électronique embarqué est défaillant, et le Speedmaster sert de backup. C'est donc Buzz Aldrin qui devient le premier homme à porter une montre lors d'une sortie lunaire. Dès lors, Omega grave sur le fond de boîte de toutes les productions suivantes : "Flight-Qualified By NASA For All Manned Space Missions — The First Watch Worn On The Moon".
La 105.012 reste aujourd’hui l’une des pièces de collection les plus recherchées de l’histoire horlogère. Les exemplaires portant un numéro de série lié aux équipages des missions Apollo atteignent des prix records aux enchères. À noter que la Speedmaster portée par Buzz Aldrin lors d’Apollo 11 est officiellement perdue depuis 1970, lors d’un retour de la NASA — elle n’a jamais été vendue. Ce détail n’a fait que renforcer son statut légendaire.

En 1968, la 105.012 évolue vers la 145.012. Le boîtier et le cadran restent quasi identiques, mais la numérotation change pour refléter la nouvelle convention de référencement Omega. C'est cette référence que Michael Collins porte à bord d'Apollo 11 — et qui sera utilisée lors des dernières missions Apollo jusqu'en 1972. C'est donc la dernière Speedmaster à embarquer le Calibre 321 en production standard.
Paradoxalement, c'est précisément au moment du plus grand triomphe de la Speedmaster que la manufacture décide de changer de mouvement. Face à une demande qui explose et à la pression croissante de l'horlogerie japonaise à quartz, Omega cherche à accélérer la production et réduire les coûts.



En 1969, Omega remplace le vénérable Calibre 321 par le Calibre 861. Système à came plutôt que roue à colonnes, production simplifiée, coûts réduits. La référence 145.022 devient le nouveau standard, et elle restera en production jusqu'en 1988 — soit dix-neuf ans, ce qui en fait l'une des Speedmaster les plus produites de l'histoire. Les puristes regretteront longtemps le 321. Le 861 assure.
C'est avec cette référence que la Speedmaster vit l'un de ses moments les plus dramatiques : en avril 1970, lors de la mission Apollo 13, une explosion à bord du vaisseau met hors service tous les systèmes électroniques. Pour corriger la trajectoire de rentrée atmosphérique, il faut chronométrer une combustion des propulseurs avec une précision absolue. Quatorze secondes, ni une de plus, ni une de moins. C’est la Speedmaster de l’équipage — coordonnée par Jim Lovell, chronométrée par Jack Swigert — qui permet de tenir ce timing à la seconde près. Succès total. Le 5 octobre 1970, la NASA remet à Omega le prestigieux Silver Snoopy Award en reconnaissance de ce rôle décisif. Cette histoire est popularisée dans le célèbre film Apollo 13 de Ron Howard avec Tom Hanks, où l'on tire la citation bien qu'érronée "Houston, we've got a problem" .



À noter également que lors d'un dîner de gala à Houston en novembre 1969, dix-neuf astronautes des missions Apollo reçoivent chacun une Speedmaster en or 18 carats, référence BA 145.022. Trois exemplaires sont remis à titre posthume aux familles des équipages d'Apollo I — Grissom, White, Chaffee. Ces pièces figurent parmi les Speedmaster les plus collectionnées au monde.


En 1988, la 145.022 sort de production. Omega unifie la gamme autour d'un modèle unique et introduit le Calibre 1861, version améliorée du 861 avec des finitions rhodiées, une meilleure résistance à la corrosion et une esthétique plus soignée. On est en pleine renaissance de l'horlogerie mécanique, et la Speedmaster en profite pleinement. Les références 3590.50 (fond de boîte opaque) et 3592.50 (fond saphir, permettant d’admirer le mouvement — généralement équipée du Calibre 1863, version décorée du 1861) coexistent jusqu’à la fin des années 1990.



C'est également sur cette période que les cadrans phosphorescents au tritium disparaissent progressivement au profit du Super-Luminova, pigment non radioactif. Seul changement cosmétique notable sur un modèle dont la conception architecturale remonte aux années 1960. Tout est dit. En 1993 et 1994, la Speedmaster passe un nouveau test grandeur nature : embarquée à bord de la station spatiale russe Mir, elle supporte sans faillir plusieurs mois de conditions orbitales extrêmes. Un certificat signé par l’équipage en atteste. La NASA l’avait déjà recertifiée pour le programme de la navette spatiale en 1978. La Speedmaster est désormais l’une des montres les plus testées de l’histoire.
À partir de 1997, la Speedmaster Professional se stabilise autour de la référence 3570.50. Le design est quasi identique à celui des années 1960. Le Calibre 1861 est reconduit. La différence se joue dans les détails : finitions, bracelet, fermeture du fond de boîte. Cette référence sera produite jusqu'en 2021, confirmant la longévité exceptionnelle d'un modèle qui traverse les décennies sans avoir besoin de se réinventer.


Omega multiplie durant cette période les éditions limitées et commémoratives : anniversaires des missions Apollo, hommages à Snoopy (le personnage de Peanuts devenu mascotte de la sécurité spatiale NASA), versions en métaux précieux, cadrans anthracite ou champagne... La Speedmaster devient autant un objet de collection qu'un outil de précision. Elle n'a pas renoncé à être les deux.
Produite entre 2014 et 2021, la référence 311 incarne l’ultime évolution de la Speedmaster Moonwatch avant son passage à une nouvelle génération. Elle reprend les codes esthétiques les plus recherchés par les collectionneurs, avec notamment un cadran « step dial » et le fameux détail du « dot over 90 », directement inspirés des modèles historiques.
Animée par le calibre 1861, elle reste fidèle à une architecture traditionnelle avec échappement à levier, sans trotteuse hachante, et une réserve de marche d’environ 48 heures. Une configuration simple, éprouvée, et parfaitement en phase avec l’esprit de la Moonwatch.
Avec cette référence, Omega signe en quelque sorte la fin d’un cycle : celui d’une Speedmaster encore très proche de ses racines, avant l’arrivée d’évolutions techniques plus marquées.
On notera deux versions :
Difficile d’évoquer la génération 1861 sans mentionner l’une de ses déclinaisons les plus marquantes : la Silver Snoopy Award 45th Anniversary. Présentée en 2015, cette édition spéciale célèbre la distinction décernée par la NASA à Omega après la mission Apollo 13, en reconnaissance du rôle crucial joué par la Speedmaster.
Si son cadran reste relativement sobre avec ses touches de bleu et son médaillon Snoopy, c’est surtout au dos que la montre se distingue. Le fond de boîte animé met en scène la Terre, la Lune et le module Apollo, dans une représentation poétique et technique de la mission.
Animée elle aussi par le calibre 1861, cette version conserve toute l’ADN de la Moonwatch classique, tout en y ajoutant une dimension narrative forte. Une pièce à part, devenue culte chez les collectionneurs.
Elle porte la référence 311.32.42.30.04.003


En 2021, pour célébrer les 50 ans d'Apollo 11 (avec deux ans de décalage lié à la pandémie), Omega opère la transformation la plus profonde de la Speedmaster Professional depuis 1969. La manufacture introduit le Calibre 3861, doté de l'échappement Co-Axial Omega, d'une certification Master Chronometer délivrée par le METAS (résistance aux champs magnétiques jusqu'à 15 000 gauss), d'une réserve de marche de 50 heures et d’une trotteuse d’arrêt (stop-seconde). Le mouvement est certifié COSC, et la montre complète obtient la certification Master Chronometer délivrée par le METAS. C’est un saut technologique considérable.
Le design évolue subtilement : cadran en "step dial" à deux niveaux, réintroduction du point au-dessus du 90 sur la lunette (le fameux "dot over 90", un retour esthétique aux origines et non une nouveauté), bracelet et boucle revus. L’âme reste intacte. La référence 310.30.42.50.01.001 est aujourd’hui la Moonwatch en production — et reste, selon les informations disponibles, le chronographe utilisé par la NASA pour les sorties extravéhiculaires, qualification maintenue depuis 1965.


Elle rend hommage au modèle de troisième génération porté lors de la première sortie spatiale américaine. Elle embarque le mythique calibre 321, recréé selon les spécifications d’origine.


Pour commémorer l'anniversaire de la montre OMEGA offerte aux astronautes en 1969 pour le premier alunissage, OMEGA a produit une édition limitée de la Speedmaster en or jaune 18ct, avec seulement 1 014 pièces disponibles.


| Référence | Taille | Matériau | Cadran / Lunette | Calibre | Production |
|---|---|---|---|---|---|
| CK 2915 | 39 mm | Acier | Noir, index acier | Cal. 321 | 1957 – 1959 |
| CK 2998 | 40 mm | Acier | Noir, alu noir | Cal. 321 | 1959 – 1963 |
| ST 105.003 | — | Acier | Noir, alu noir | Cal. 321 | 1963 – 1965 |
| ST 105.012 | 42 mm | Acier | Noir, alu noir | Cal. 321 | 1964 – 1968 |
| 145.012 | 42 mm | Acier | Noir, alu noir | Cal. 321 | 1968 – 1969 |
| 145.022 | 42 mm | Acier | Noir, alu noir | Cal. 861 | 1969 – 1988 |
| 3590.50 / 3592.50 | 42 mm | Acier | Noir, alu noir | Cal. 1861 | 1988 – 1997 |
| 3570.50 | 42 mm | Acier | Noir, alu noir | Cal. 1861 | 1997 – 2021 |
| 310.30.42.50.01.001 | 42 mm | Acier | Noir, céramique | Cal. 3861 | 2021 – … |
Ces informations sont basées sur l'observation et le recoupement de sources professionnelles, collectionneurs et archives publiques. Omega ne publie pas ses chiffres de production par référence. Ces informations n'ont pas été officiellement confirmées par la manufacture.
Toujours présente dans l'imaginaire collectif, la Speedmaster a fait de nombreuses apparitions remarquées à l'écran. On la retrouve notamment dans le film First Man (2018) de Damien Chazelle, consacré à Neil Armstrong — les accessoiristes ayant pris soin de reproduire fidèlement les modèles d'époque. Mais c'est dans la réalité que ses apparitions sont les plus marquantes : portée par Buzz Aldrin sur la Lune, par des ambassadeurs comme George Clooney dans ses apparitions publiques, ou Rory Mcilroy avant et pendant ses tournois, ou encore par des cosmonautes à bord de la station Mir, la Speedmaster traverse les époques sans avoir besoin de fiction pour asseoir sa légende.
À noter également le phénomène MoonSwatch lancé par Swatch Group en 2022 : un Speedmaster en Bioceramic à moins de 300 euros, sorti en onze versions planétaires, qui a généré des files d'attente mondiales et relancé l'intérêt d'une nouvelle génération pour le modèle.
Certains collectionneurs s'en sont offusqués. D'autres y ont vu la preuve que l'ADN de la Speedmaster est suffisamment fort pour traverser toutes les déclinaisons.
Personnellement je ne donnerai pas mon avis sur ce sujet car je pourrais offusquer certains collectionneurs. Nous verrons bien l’effet que cela aura créé sur la génération Z d’ici quelques années (si nous sommes toujours là pour le voir…). Après tout ma passion des montres à chronographe est née avec Swatch lorsque je n’étais encore qu’un gamin.

